mardi 12 juillet 2016

Comment l'Euro a fait de moi une mère indigne

Les questions posées par le foot m'ont montré que je cédais trop souvent à ce qui faisait plaisir à mes enfants. Et que je ne savais pas encore répondre à un certain nombre de problématiques philosophiques sur la violence, la victoire et la guerre. Dimanche soir après la défaite de la France -qui m'a quand même fait de la peine -j'ai d? consoler mon petit gar?on. Sept ans et des grosses larmes. Une immense déception à laquelle nous avons répondu par des phrases de réconfort classiques: c'était bien d'être en final, le plus important c'est de participer, on a une super équipe pour le Mondial dans deux ans... Inconsolable dans son mini maillot numéro 7: ?On aurait d? perdre contre les Allemands... Non,Nike Tn on aurait pas d? participer!? Inconsolable et faché,Nike Tn ce que je n'avais pas anticipé. Et mon mini supporter tout mignon s'est pris à dire un certain nombre de trucs vraiment pourris après la (notre -sa!) défaite: Nike Ninja ?Si je fais du foot l'année prochaine, je jouerai jamais avec des Portugais!? Hum. Et (je vous jure que c'est vrai): ?J'espère que les Parisiens vont se battre avec les Portugais et que là ils vont gagner les bagarres.? Sept ans et donc prêt à trouver que les hooligans, c'est cool. J'avais passé une partie du match à regarder les images des émeutes près de la Tour Eiffel, effondrée... et voilà que le désir de vengeance touchait la chair de ma chair. Quelle mauvaise éducation nous lui avions donné. Et puis je me suis dit que le foot allait me donner du boulot. Pas simplement pour expliquer le sens du fair play... et ?a c'est la partie cool de l'éducation: apprendre à savoir perdre, apprendre que les défaites sont instructives, qu'il n'y a pas de logique dans les compétitions et que c'est chouette. Apprendre aussi que s'enthousiasmer et aimer c'est prendre le risque d'être dé?u mais que rien ne remplace l'engouement et la ferveur collective.


 

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